Socialist Resistance

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CHANGER LA SOCIÉTÉ SANS PRENDRE LE POUVOIR?

Socialist Resistance Rouge- ESF Special  |  page 10-11

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François Sabado Vieille question, qui est de nouveau posée, au travers d'une série de débats stratégiques, en particulier dans le mouvement altermondialiste. De quoi s'agit-il vraiment?

De réformes, de conquêtes sociales, de nouveaux droits ou de changement fondamental de la société, de bouleversements des rapports sociaux, des rapports de propriété et de domination bref d'un processus de révolution sociale.

En effet, dans toute l'histoire des luttes sociales, nombre de réformes, de nouveaux droits, de conquêtes sociales ont été obtenues sous la pression de rapports de forces et de mobilisations sociales... sans prendre le pouvoir...

Les révolutionnaires sont partisans de toutes les réformes qui améliorent les conditions de vie et de travail de la population. Ils sont attentifs ou partie prenante de toutes les expériences qui desserrent l'étau de la domination capitaliste.

Ces mouvements sont décisifs, mais ils ne suffisent pas, ni pour consolider les gains acquis sur le long terre les classes dominantes reprennent souvent d'une main ce qu'elles ont concédé de l'autre, ni pour changer de logique fondamentale et substituer une logique des besoins sociaux à celle du protit.

Dans la construction d'une alternative, ces expériences peuvent s'avérer des points d'appui indispensables mais, là aussi, leur accumulation graduelle ne peut suffire pour bouleverser les données fondamentales de la société. Elles se heurtent au pouvoir central.

Pour empêcher des modifications structurelles de la société, les classes dominantes opèrent un double verrouillage central de l'Etat et de la propriété capitaliste.

La guerre en Irak montre d'ailleurs, une nouvelle fois, le rôle clé des Etats, et précisément de l'impérialisme américain, comme le pouvoir des multinationales démontre l'importance de la propriété des capitaux et des grands moyens de production, dans l'économie mondiale.

Le pouvoir économique, militaire parait plus disséminé que jamais, mais il est aussi plus concentré que concentré que jamais. jamais.

Pour ouvrir la voie au changement, il faut opérer ce double déverrouillage: l'Etat et la propriété. Sans une mobilisation sociale révolutionnaire qui brise la colonne vertébrale de la domination capitaliste - l'État - et qui substitue à la propriété capitaliste l'appropriation publique et sociale, les mécanismes de production et de reproduction du capital continue à dominer.

Nous ne savons pas ce que

seront les révolutions futures.

Aussi, sur la base de l'expérience, nous ne pouvons

avancer que quelques indications stratégiques: il n'y a pas de situation révolutionnaire

sans une crise majeure des

rapports sociaux, sans une perte de légitimité des pouvoirs en place, sans la construction d'une hégémonie des travailleurs sur la société

et sans émergences de formes antagoniques de dualité de pouvoir, dont l'une doit l'emporter.

Sans oublier que jamais les classes dominantes n'ont accepté pacifiquement de se faire exproprier.

La conquête révolutionnaire du pouvoir par les travailleurs est dans cette chaïne un maillon décisif.

Les courants ou mouvements partisans des «changeLe pouvoir économique, militaire paraît plus disséminé que jamais, mais il est aussi plus ments de société..

Salls prendre le pouvoir», nos amis zapatistes par exemple, qui sont au cœur d'un processus d'auto-émancipation, nous opposent, alors, plusieurs objections, liées à la faillite des modèles sociaux-démocrates ou staliniens. u5 Prenons l'exemple brésilien, disent-ils, la situation est-elle plus ou moins favorable pour le développement des mouvements socivaux, après la victoire de Lula et du PT?

Vraie question, mais qui ne met pas en cause la question du pouvoir en tant que telle, mais le type de politique que mène le gouvernement Lula : une politique qui a accepté les impératifs des marchés financiers et qui démobilise les classes populaires.

Car, dans un pays comme le Brésil, où le pouvoir économique et militaire reste très concentré, des modifications structurelles ne peuvent se produire sans une politique d'ensemble anticapitaliste tant sur la question ouvrière, urbaine ou agraire. Le magnifique mouvement du MST se heurte d'ailleurs à ces limites.

Les occupations de terre se multiplient mais, à un certain niveau, il faut l'intervention gouvernementale, et là, les paysans brésiliens paient les choix économiques et budgétaires de l'équipe Lula.

Ce qui est à l'ordre du jour aujourd'hui au Brésil, c'est la rupture avec les marchés financiers, le FMI et la banque mondiale et un changement de politique tourné vers les besoins sociaux fondamentaux de la population.

Cette politique implique inévitablement une confrontation avec les capitalistes et propriétaires fonciers brésiliens pour savoir qui

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dirigera?

Votre projet n'est-il pas «étatiste», ne risquez-vous pas de retomber dans les ornières du système bureaucratique stalinien? Nous ne confondons pas la révolution russe que nous soutenons et la contre-révolution stalinienne, mais il est vrai que les révolution-