[see LCR-LO comment from Rouge below]
First of all the statistics:
* There was a big swing to the parliamentary left (SP/CP/Greens) who climbed
back from 32.42% of the vote at the presidential elections in April 2002 to
40,31% last Sunday. Unlike previously, in most places the three parties
stood on joint slates in the first round. Where they stood on their own, the
CP and the Greens increased their share of the vote and resisted the
* The total for the parliamentary right was 34.96% and the far right 16.61%
(15,11% for the FN). The FN had 15,10% at the last regional elections in 98
and 19.30% at the presidential elections in 2002.
* The FN maintains and extends its share of the vote nationally although it
loose out in some of its bastions (Marine Le Pen down 4% to 12%). Tthe FN is
unlikely to win the presidency of any of the regions.
* The turn out was greater than during the last regional elections in 1998.
Abstentions then was 42% and on Sunday 37.77%.
* The threshold for getting elected was raised from 5% to 10% to prevent the
"extremes" from getting elected. Both the LCR and LO loose their previously
* The far-left maintains its share of the vote over the long term despite
the drop from the 2002 presidential sore as shown by the following results:
95 presidential election 5.30%, 97 parliamentary 2.7%, 98 regional 4,40%,
02 presidential 10,49%, 04 regional 4,58%. So the far left vote is slightly
up as a % on the last regional elections and has more in numbers given the
* Voters turned out to vote against the unpopular right wing government by
supporting those who had most chance of getting elected given the new %
threshold and the far left therefore got "squeezed". It still should be
noted that the combined Right and FN share of the vote is still a slight
* The LCR-LO campaign had a huge impact. The SP/CP/Greens had to answer to
the agenda set by the LCR-LO and denounce them as being unrealistic,
etc...., and its was acknowledged that hey played a major part in
encouraging and structuring the strikes and mobilisations against the
government since last spring, and its national speakers are invited to radio
and TV debates and interviews.
* The LCR-LO campaign also had a huge impact in the size of its local
meetings, e.g. 1100 in Tours (town of 150,000), 1700 in Rennes (town of
250,000), 1500 in Nantes (town of 500,000), 1500 in Lille, 600 in
* The far left therefore has the permanent support of approx 5% but has a
periphery of an extra 5% who will vote for them on occasion. Opinion polls
indicate that 22% of the electorate support its positions in general (same
poll show that 25% also sympathise with the general positions of the FN).
* Part of the agreement with LO was that there should be no call to vote for
the SP/CP/Greens in the second round. I believe that this is correct
otherwise people won't bother voting for you in the first round. This is
separate issue as to whether there should be a call in an case for a vote
for the SP/CP/Greens in general given their programme.
* The parliamentary left and others (e.g. in the Le Monde paper) describe
the result as a "defeat for the LCR-LO strategy". The results indicate that
this is not the case as the far left maintained its share of the vote.
LCR-LO comment on election results
Si les résultats des listes de l'extrême gauche aux élections régionales de 2004 peuvent être ressentis comme décevants, avec 4,58 % des suffrages, ils n'en marquent pas moins la stabilité et la consolidation d'un électorat de la gauche révolutionnaire.
Depuis dimanche soir, la plupart des commentateurs considèrent le score national de l'alliance LO-LCR comme la " défaite d'une stratégie", un "recul", "un échec" ou, au mieux, un "plafonnement". Les mêmes au demeurant qui, à l'automne dernier, démontraient à longueur de colonnes les capacités de l'extrême gauche à dépasser les 10 % et " à faire perdre la gauche ". Nos scores confirment la permanence d'un vote radical, anticapitaliste, exprimant les aspirations des dernières grèves et des derniers mouvements sociaux. En ce sens nos voix ont participé de la sanction qui a frappé le gouvernement Raffarin tout en affirmant son indépendance vis-à-vis de l'orientation de la direction du PS.
Il y a six ans, dans le cadre d'un scrutin proportionnel à un tour, LO et la LCR avaient obtenu une trentaine d'élus dans dix régions. Avec un score comparable à celui de l'élection régionale de 1998, nous n'aurons plus d'élus. La double modification antidémocratique menée d'abord par le gouvernement Jospin puis amplifiée et empirée par Sarkozy a organisé un scrutin à deux tours en fixant un seuil de 10 % pour obtenir, au second tour, des élus. Une réforme présentée comme un rempart contre le FN, qui n'a pas empêché celui-ci d'être présent au second tour dans 17 régions. Une réforme qui a focalisé les esprits sur un cap symbolique difficilement franchissable dans les rapports de force présents. Dans le même sens, la comparaison avec les scores établis lors du premier tour de l'élection présidentielle, a créé un effet trompeur. L'élection régionale, couplée aux élections cantonales, a ses propres logiques et contraintes. Beaucoup de listes de gauche, comme celles du PCF, se sont appuyées sur un ancrage municipal et cantonal pour mobiliser les électeurs, ancrage dont nous ne bénéficions pas.
Si l'abstention a effectivement baissé de quelques points, elle touche encore quatre électeurs sur dix, notamment les jeunes et les classes populaires touchés par la crise, le chômage, la misère... S'ils peuvent être sensibles à nos propositions - nous l'avons senti dans notre campagne - certains n'ont pas jugé utile de voter pour nos listes.
Au total celles-ci ont recueilli 1 078 447 voix. C'est plus qu'aux dernières élections régionales et européennes, mais évidemment moins qu'à la présidentielle de 2002. En 1998, les listes LCR ou LO avaient recueilli 4,40 % des suffrages. En 2004, nous en obtenons 4,58 %. Six listes dépassent les 5 % : Nord, Picardie, Centre, Pays-de-la-Loire, Haute-Normandie et Limousin, qui, avec 6,61 %, réalise le meilleur résultat. Deux régions se situent à moins de 3,5 % : l'Alsace et la région Paca, particulièrement sinistrées par les scores du FN. En Île-de-France, notre liste obtient 4 %, moins qu'en 1998 où le PCF était allié au PS et aux Verts. Dans la plupart des régions, nous frisons la barre des 5 %, comme en Champagne-Ardenne ou en Midi-Pyrénées.
La situation est beaucoup plus contrastée lorsqu'on observe nos résultats à l'échelle départementale : plus du tiers des départements (37) enregistrent des scores au-dessus de 5 % avec des pointes à 7,49 % dans la Sarthe et à 7,41% dans la Haute-Vienne. C'est en revanche dans le Var et les Alpes-maritimes (respectivement 2,58 % et 1,97 %) que les résultats sont les plus bas.
Il restera également à examiner à l'échelle communale les disparités existantes mais nous manquons, à cette heure, d'éléments pour une analyse plus fouillée, notamment sur les résultats des listes que nous avons soutenues en Corse ou dans les départements et territoires d'outre-mer.
Des chiffres qui ne traduisent pas toujours l'ampleur de la campagne, la taille des meetings, l'écho rencontré par nos idées, qui sont des points d'appui pour les luttes et les échéances à venir.
Pierre-François Grond et Guillaume Liégard